Alors faisons comme si nous étions un groupe de presse...et imaginons notre journal en ligne de demain !
Allez, rêvez avec moi et complétez !

Je suis un groupe de presse, j'ai un lectorat spécialisé mais qui me fuit de plus en plus, je dois remettre en question mon approche de l'information pour gagner de nouveau de l'argent et pouvoir faire mon métier de média...autrement.
On l'a vu, utiliser le modèle du papier sur internet ne marche pas. Les divers tentatives se soldent par un échec ou en tout cas, un lectorat faible. Internet ne remplacera pas le papier et le papier ne remplacera pas internet. Je crois qu'il s'agit de trouver une place à chacun et de mettre chacun à sa place.

Et si on commençait par se poser des questions ?

  • Qui sont mes lecteurs ?
  • Que veulent-ils ?
  • Ont ils tous la même manière d'aborder de l'information ?
  • Que pourrais-je leur apporter de plus ... quelle serait la valeur à ajouter pour que mon service devienne indispensable ?

On voit que le lectorat à changé. Du fidèle homme d'affaire, aux lettrés misant sur l'indispensable lecture du petit déjeuner, aux cadres, aux spécialistes économiques en veille, viennent s'ajouter des pendulaires, des jeunes, des personnes avec de plus faibles moyens, des femmes... L'arrivée du gratuit, qui ne s'est pas fait au détriment du payant, contrairement à ce que les journaux affirment, a apporté en réalité un nouveau lectorat. Des personnes qui n'auraient jamais acheté un journal, le dévorent maintenant de manière quotidienne.

Pour internet c'est un peu pareil. A l'instar des "early adopters" de l'information en ligne, les internautes d'aujourd'hui furètent dans les moteurs de recherche, les agregateurs de flux pour s'informer.

  • Sont ils ces même pendulaires, ces mêmes adolescents, hommes d'affaires qui lisent les journaux / magazines papier ? Pas sûr.
  • Sont ils à la recherche des même informations ? pas sûr non plus.
  • Explorent-ils tous les journaux en ligne de la même façon ? certainement pas !

Qu'est-ce qui change sur internet :

  • Ce n'est pas l'information qui vient vers vous mais vous qui allez à l'information : On ne parcours donc pas un site de manière méthodique de la première à la dernière page mais on "arrive" sur un sujet que l'on explore de liens en liens.
  • On est pas limité par le sacro-saint format du journal et coût d'impression et donc pas limité en écriture : On peut ajouter des informations "riches", des images, des vidéos...
  • On gagne à faire rester un internaute sur son site, mais surtout à l'y faire revenir car le traffic sur le site amène des annonceurs, mais aussi des lecteurs.
  • Un internaute cherche des informations sur internet qu'il ne trouverait pas ailleurs. Il veut des choses plus complètes et surtout multi-sourcées. La " vérificabilité" de l'information est importante. On doit pouvoir trouver d'autres sources qui corroborent les faits, vont peu ou prou dans le même sens ou entre en polémique, mais permettent de se faire une opinion à soi, pas du pré-mâché !. La notion de liens est importante aussi
  • Plus le site est ouvert à la participation, plus la liberté d'interaction est grande et plus l'intérêt croît : contrairement au papier, tout en gardant une charte éditoriale, on peut changer de ligne directrice, s'adapter aux besoins sans que cela ne bouscule quoi que ce soit. On peut suivre l'actualité mais aussi créer l'information dans ce processus collaboratif.

Pour les raisons citées plus haut, un modèle pensé pour et par l'internet et non une adaptation du papier à l'électronique. Les cuisants échecs des divers groupes de presse font que la leçon est maintenant comprise.

Quel modèle adopter ?

  • Un modèle basé sur la participation pour ce qui est de la base mais doté de journalistes d'investigation pour analyser, retranscrire, compléter cette base. Des dossiers exhaustifs qui s'enrichiraient au fur et à mesure, comme un wikipédia qui se compléterait au fur et à mesure des participations des internautes. Une gestion des flux poussée pour proposer des abonnements sur des tages, des catégories,d es types d'information et les ajouter via des widget sur son site / blog.
  • Une mise en page non plus dictée par une "une d'actualité" mais par la fraîcheur des articles et leur popularité. On abandone les colones, et on classe par catégorie et tag et on fait des liens entre les sujets.
  • Une modération à postériori mais active par des rédacteurs impliqués dans les dossiers de synthèse, mais pas de censure.
  • Une couverture plus intense des sujets locaux et économiques pour permettre aux acteurs : PME, artisans, de compléter / enrichir le débat selon leurs propres expériences.
  • Pas d'anonymat pour favoriser un débat ouvert et citoyen.
  • Un personnel mixte avec des recrutement 100% web pour ce qui concerne les métiers d'animateurs / modérateurs, designers, développeurs, rédacteurs online mais avec une base de journalistes sensibles et ouverts au modèle participatif et compétents en investigation. Idéalement pas du tout la même équipe que le papier pour offrir un autre oeil, un plus.
  • Un modèle économique basé sur la publicité standard mais aussi l'affiliation, les micro liens sponsorisé (très abordables)...bref, une stratégie favorisant aussi la participation publicitaire des petits avec plus de micro paiements mais une richesse de liens plus pertinents et plus nombreux. Des services d'annonce illimité pour les membres et un membership comprenant des avantages comme des réductions sur les pub et la possibilité de passer des annonces et la possibilité de récupérer un flux sur des mots clefs > un coût tellement dérisoire que personne n'hésiterait à souscrire pour avoir une telle audience / info.
  • La création de publicités d'un nouveau genre, par exemple dans les podcasts (qui peut être un service payant et fort rentable).
  • L'enrichissement du contenu avec un vrai contenu d'interview podcast. La possibilité par exemple d'interpeller un élu, un entrepreneur sur un sujet donné, charge au journaliste de réaliser ces interview.
  • La création de sujets "ad hoc" selon les votes des participants, charge aux journaliste de faire les investigations en complément des infos citoyennes collectées.
  • Des émissions hebdomadaires en podcast qui reprennent analysent un contenu parfois peut être long à lire...pour embarquer sur son ipod par exemple.

Bref des news plus nombreuses, collaboratives, avec des angles de vue complètement différents, multisourcées, un contenu de synthèse par des pro avec un mix entre info texte et info podcast.

Ah oui et encore un conseil, ne confondez pas la rentabilité des deux : le papier ne finance pas internet et réciproquement. Comme ça pas de bulle, pas de risque de dérapage et surtout un business modèle sain.
Les moyens vous manquent ? Alliez-vous ! Les groupes de presse généralistes, la presse spécialisée...vous avez des intérêts en commun et des compétences complémentaires : travaillez donc ensemble pour ce média car internet n'a pas de frontière et votre influence sera d'autant plus forte que votre travail d'analyse sera poussé !
Imaginez l'attractivité d'un média qui regrouperait : AGEFI + Bilan + PME Magazine + le temps + l'Express + 24Heures...des éclairages différent dans un espace commun...

Ce serait beau :D
Bon je sais les rêves c'est fait...pour rêver ;-) non ?
Allez, racontez-moi vos rêves...