Le 2.0 passe mal à l'école
Par Sandrine Szabo, mardi 26 février 2008 à 11:21 :: Actu :: #474 :: rss
C'est le site note2be qui fait le premier les frais d'un trop plein de transparence.
La polémique fait rage avec, comme par hasard, les syndicats corporatistes et opaques pour qui tout ne va jamais bien et qui rechignent au moindre changement et en particulier au moindre effort de transparence.
Il y a sur le fond une avancée significative du 5ème pouvoir fatigué de subir l'immoblisme et sur la forme de grosses maladresses qui risquent de coûter la vie à ce projet qui se voulait réformateur et instructeur.
Ce qu'il faut bien entendre, au delà de la polémique stérile qui finira probablement par tuer dans l'oeuf ce site, c'est que les élèves de cette fameuse "génération Y", ont le droit de s'exprimer sur la qualité de l'enseignement qu'on leur délivre et qu'ils ont choisi de le faire.
Cette mascarade d'inspections que peu de profs voient et qui déclament, telle l'école des fans, un palmarès de notes allant de 18 à 20, ne peut plus durer. Sur le principe donc, évaluer l'enseignement d'une manière objective (c'était le but avoué de l'opération car la notation semblait se cantonner aux aspects pédagogiques) ne peut pas être malsain. Pourquoi l'évaluation d'un élève serait-elle moins valable que celle d'un inspecteur qui traverse durant une heure à peine la classe ?
Parmi les arguments avancés, celui qui concerne la loi informatique et libertés semble le plus solide. En quoi cependant, noter des profs est-il différent de noter des restaurants ? Pourquoi aurions nous le droit de critiquer le contenu de notre assiette plus que le contenu et de la méthode pédagogique de ceux qui forment nos enfants ? L'un semble pourtant si trivial par rapport à l'autre ?!
Je n'en démords pas, la méthode est très maladroite et ne pouvait que générer cet esclandre. Pourtant il y a du bon à prendre dans ce principe. A une échelle probablement plus intimiste comme celle d'un établissement, offrir aux professeurs, un outil d'évaluation objectif et aux élèves un outil d'expression concret sur l'enseignement qui leur est donné, ne me semble pas avoir que du mauvais, bien au contraire.
L'énorme déficit de respect et d'amour dont jouissent les enseignants est insupportable. L'irrespect procède des méthodes d'attribution des postes opaques, des systèmes de notations fictifs et de l'absence de suivi (formation professionnelle) et d'évaluation constructive. Dès lors, ne dit on pas que c'est dans le dialogue, la confiance, la transparence et aussi et surtout l'équité que le respect peut s'établir ?
Ce n'est pas un travail de sape que d'évaluer les enseignants mais un outil de formation continue qui devrait servir positivement les professeurs. Ne leur tirons pas à boulets rouges dessus en les blâmant de tout, car pour l'essentiel ils ne demandent qu'à progresser. Donnons leur des outils de transparence, de la formation continue, de vrais outils d'évaluation, fiables et non biaisés par les avancements éventuels et faisons leur aussi confiance.
Et vous chers professeurs, n'ayez pas peur de la transparence, c'est aujourd'hui ce dont vous avez le plus besoin pour redorer un blason qui n'aurait jamais du être ternit. Ce qui pollue tout ce sont les intermédiaires. Vos syndicats qui s'adressent aux chef d'établissements, lesquels vous abandonnent faute de réel pouvoir et subissent les assauts déguisés des parents d'élèves perdus dans cette opacité sournoise de jeux de pouvoirs et d'influence...
La méthode n'est peut être pas bonne, mais ne jettez pas non plus le bébé avec l'eau du bain !


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