Citoyen détracteur
Par Sandrine Szabo, mercredi 12 mars 2008 à 14:43 :: Réflexions :: #482 :: rss
Sphère privée, sphère publique, à l'heure où tout le monde dispose d'une camera de poche avec son portable, la frontière devient bien mince.
Délit de naîveté
Cette semaine c'est rien moins que deux personnalités, Sarkozy et Cottillard, qui se font rattraper par ces off que l'on aimerait à jamais voir enterrer (Il y avait eu la scène d'accident de villiers le bel, le sénateur américain pris en flagrant délit de racisme primaire, les mots malheureux de ségolène sur sa vision de l'éducation nationale...).
Fini le temps où l'on s'en remettait au sens critique du journaliste.
Dans un monde où chaque citoyen est devenu un paparazzi en puissance, l'avidité de reporter ces images ne semble avoir d'égal que la jubilation malsaine à les visionner.
Déliquescence
Le direct amateur a remplacé les médias. Dans une société qui s'égare à détruire ou laisser détruire ses médias sans que cela ne semble émouvoir personne, le trash remplace le fond. Certes les médias ne sont pas innocents. A ignorer cette vague de fond et à réduire comme peau de chagrin les budgets du vrai journalisme d'investigation, il participent eux même à leur propre dégradation.
Plus un journal télévisé qui ne diffuse l'une ou l'autre séquence empruntée de l'internet. Youtube semble avoir remplacé l'investigation.
Qu'en est il d'un monde qui ne prend plus la peine de réfléchir ?
Je suis plus que jamais défenseur de la transparence et savoir ce que les médias ne couvrent pas, apprendre ce que nous aurions ignoré autrement et disposer d'éclairages auxquels nous n'aurions pas autrement eu accès est incroyablement nécessaire.
Mon indignation vient du fait que l'on m'a toujours appris à mettre les choses en perspectives. Ici tout est brut d'exposition. Plus de contexte, des séquences brèves, souvent éloquentes qui condamnent presque inéluctablement les malheureuses victimes filmées à leur insu.
Les mots ont leur importance, mais que dire des images ?
Indélébiles
Les traces laissées par ces images et leur pérenité sur la toile, leur confèrent une gravité. Comment gérer un tel fardeau pour les malheureux pris au piège ? C'est pas mieux que les sun ou daily mirror qui en font leur commerce depuis des années, certes. Ce qui est grave c'est l'étendu et surtout l'absence de réaction.
Un mal pour un bien ?
Je reste partagée malgré tout.
La censure ou les attaques contre la liberté et internet en particulier me font frémir.
A l'image de cette condamnation prononcée mi février à l'encontre du site lespipoles pour la diffusion d'un flux RSS...
Hier c'était note2be qui faisait la une des journaux avec la condamnation à retirer le nom des profs du site.
C'est surprenant mais les élites ne semble pas s'en émouvoir. On ne défend plus la réflexion, la liberté et on gobe cette culture trash comme des moutons de panurge
Arrêtons de manger tout, tout cru sans broncher et ré-utilisons notre sens critique. Ne pas tout condamner à priori, ne pas tout censurer parce que cela dérange, mais RE_FLE_CHIR...non ?
Sens critique, où es tu ?


Le blog de profession-web, me permet de parler de tous les sujets qui me tiennent à coeur, de la Suisse et de ce qui s'y passe en matière de web et surtout du site profession-web et de ses coulisses.



Commentaires
Ajouter un commentaire