Le Web'08, au delà du marasme organisationnel (pas de wifi, pas de buffet, pas de chauffage), nous a offert un contenu très médiocre.
Si certaines conférences ont cependant retenu mon attention (2 en vérité), le reste n'a pas fait d'étincelles.

Arrington ou le guardian se sont évidemment empressés de se jeter sur la bête à terre pour se défouler. Le pire, c'est que malgré leurs excès, ils n'ont pas entièrement tort.

Plutôt que de lister simplement ce qui ne m'a pas plu, je voudrais faire des suggestions et donner des explications. Cela vaut ce que ça vaut, mais j'aurais au moins le sentiment de ne pas avoir d'approche puérilement stérile.

Le lieu : Si l'inauguration d'un lieu fashion peut sûrement plaire aux médias et aux locaux de l'édition, pour l'immense majorité d'entre nous, cela n'a aucune signification. Au delà du danger de "Beta-tester" le lieu (ce qui nous est visiblement arrivé) je crois que ce qui doit conduire au choix final c'est l'objectif de la conférence.
L'année passée, nous disposions d'un lieu superbe pour le networking et d'un espace privilégié pour les startups. Il y avait de l'intimité, de nombreux lieux pour se connecter, s'assoir et suivre les conférences.
Si l'intérêt principal, aux dires de Loic, est justement ce networking, alors cette ambiance HALL de GARE ne convient vraiment pas. Ultra grand, trop lumineux, impersonnel (ce que l'ambiance feutrée et noire de l'année passée gommait par exemple), le lieu n'avait simplement pas d'âme.
Le lieu de l'an passé était le meilleur des 3 car il favorisait ce networking (sans parler des buffets et de l'ambiance).

Les Conférences : Il y a beaucoup à dire bien entendu.

Le fil conducteur - L'amour qui a servi de guide à l'annonce du programme, avait le plus grand mal à s'appliquer aux conférences. C'est un détail, mais je ne crois pas que ce fil conducteur ait apporté la moindre cohérence au tout.

Le choix des speakers - Pour le coup, c'est un hommage au LIFT que je voudrais faire. Chaque année, les speakers qui apparaissent sur scène au LIFT sont de nouvelles têtes. Au web, on voit la même clique chaque année : Scoble, Arrington, Canter... A moins qu'ils aient quelque chose d'absolument unique ou extraordinaire à dire, je crois qu'on en a marre de les voir (je parle pour moi).

Un événement Européen made in US - Je n'ai rien bien entendu contre ces routiers du web et nous les admirons infiniment pour la plupart. Cependant, lorsque leweb se veut être un événement Européen, il doit faire la part belle à ces entreprises et speakers...de l'europe. C'est peut être le départ de Loic au states et la déconnection avec le marché local, mais on a du mal à discerner le web européen effectivement (comme le critique Arrington) lorsque la majorité des speakers provient d'outre atlantique.

Le positionnement de la conférence - Les blogs sont devenu leweb et celui-ci évolue bien entendu. Il évolue au fil des sujets et justement, cette année, il fût difficile de distinguer cette évolution.
A cheval entre TechCrunch50, une copie de TED (des sujets qui n'ont rien à voir avec le web), une foire avec des stands, un event développeur (programme de facebook & Google) il a bien été difficile se s'y retrouver.
Des débats passés et ressassés sur les startups & les investisseurs, un long discours sur la testosterone et le Gillmor gang c'est juste hors sujet. A l'heure du mobile, pas un seul track sur l'iPhone ou la convergence avec les mobiles (je ne parle pas du speech commercial de Nokia). Pas un sujet sur le web sémantique (c'est plus à la mode?).
Rien sur le RFID non plus et les interactions entre les objets et le web.
Rien enfin, et c'est plus embêtant, sur le e-commerce. D'ailleurs, on retrouve ce manque d'intérêt dans les places des 3 lauréats : le seul qui gagne sa vie, fait du commerce a un marketing hyper évolué, se retrouve 3ème...
Très peu aussi sur l'utilisation de la vidéo.
Le web c'est des startups mais aussi l'industrialisation du web par les entreprises, le web-marketing ainsi que tout ce qui concerne comment entreprises et marques utilisent le web à leur profit.

J'espérais des tracks sur le web dans les entreprises, le marketing 2.0 ou encore le e-commerce et l'îPhone et je n'ai rien vu de cela.

Bien entendu, ceci est mon interprétation de ce que devrait être le positionnement du web. Donc un voeux pieu (et uniquement mon avis). Je ne donne que ce qui me semblait être une suite logique ;-) IMHO

Une sortie possible de l'ornière - Pour une édition qui se cherche, il me semble important de définir précisément les objectifs.
Si l'édition se veut être un grand networking peut être doit elle devenir communautaire pour rassembler toute l'année durant les membres de plus en plus nombreux du web et offrir, une fois par an, dans un lieu intime, de nombreuses opportunités de rencontre avec pourquoi pas des thèmes de couleurs (les tee shirt rouge pour les bloggueurs, les bleu pour les startups, les vert pour les financiers etc..)
Si l'édition veut être une foire commerciale / un salon des statups permettant la présentation de nombreuses entreprises, alors C'est un hall d'exposition qui serait plus adapté avec des coins lounge par thèmes pour favoriser les rentres et pourquoi pas des plénières sponsorisées.
Si l'édition est avant tout une conférence, elle doit trouver son format et surtout s'organiser autour de thèmes forts. Le lieu a son importance aussi car suivre deux jours durant nécessite par exemple un accès internet, des tables pourquoi pas pour que l'on puisse prendre des notes etc..
Si c'est un show, le format devra être plus court, comme c'est le cas de TED, scénarisé, cadencé et très bien préparé.

Si les panels sont intéressants, il est également préférable de ne pas en abuser, car cela devient souvent des conversations de salon sans matière. Pour l'avoir expérimenté, le panel est un exercice très difficile et dont la qualité dépend principalement du modérateur qui doit avoir ce sens du rythme et des questions acérées.

L'exercice n'est pas simple donc et bien sûr toutes les suggestions et les reproches vont pleuvoir sur Loic et Géraldine.
Pour ma part je dirais juste, que cette édition a permis d'aller au bout du concept et qu'il faut maintenant renouveler et surtout professionnaliser l'approche : un positionnement unique, une localisation 100% européenne, de nouvelles têtes et un lieu à la hauteur des besoins.
Et enfin, à tous les grincheux qui seraient tenter de se baigner dans les mauvaises critiques, si Loic ne faisait pas cet event, qui y aurait il à la place ? Rien car il est plus facile de critiquer, que de faire.
Bon courage à vous ;-)