L'évolution des médias
Par Sandrine Szabo, mardi 17 mars 2009 à 16:20 :: Actu :: #589 :: rss
J'ai trouvé l'image qui illustrait ce rapport de nielsen tellement vrai et représentative de nos usages que j'ai voulu en faire un article.
Si les informations soulevées dans cet articles sont intéressantes, ce que je retiens, et que j'observe dans ma propre utilisation des médias, c'est qu'ils ont perdu l'exclusivité de notre attention d'une part, mais surtout que nous leur consacrons de plus en plus de temps et d'une manière de plus en plus spécialisée.
Moins de temps pour chaque média = fragmentation de notre attention donc perte de qualité ?
Certainement que ramené à chaque média, le temps que nous y passons est moins bon. Pour ma part, lorsque je regarde une série et que, durant la pub ou le film, je vérifie mes mails, lis une news sur internet ou encore que je joue avec mon iPhone j'ai l'impression de rentabiliser mon temps.
Prenons l'exemple du décès d'alain Baschung. Je l'ai su par un twitter de manière instantanée. Il a fallu attendre le dimanche soir pour que la TV en parle au journal et encore lundi pour que tous les médias nous inondent de la nouvelle via les spéciales dédicaces. Lundi, pour moi, c'était une vieille information de plus de 48 heures sans plus aucun intérêt.
Nous consommons en temps réel et franchement l'information a bien du mal à lutter contre des twitters.
Plus de sélection, plus d'exigence = spécialisation de chaque média
La TV, pour ce qui est de l'information, a perdu l'avance qu'elle avait prise sur les journaux. La fraicheur a disparu au profit d'un internet toujours connecté et surtout d'un réseau social actif et volontaire à partager ce qui se passe en temps réel. Twitter et internet dont à deux bien plus efficace pour diffuser de l'information en continu que n'importe quel média > instantanéité & viralité.
Internet est le média professionnel par excellence : on travail avec, on commerce avec, on s'y informe. Note que son pouvoir va générer un nombre croissant d'activités délictuelles : plus on lui fera confiance et plus nous serons nombreux à l'utiliser et plus il sera facile de nous leurrer sur une source (qui ira vérifier?!) de nous tromper sur la marchandise (au regard du droit internationnal les abus sont souvent peu punis) et par conséquent c'est un média qui va faire l'objet de nombreuses attaques (en vu de le destabiliser et en vue de le règlementer).
Par contre, la TV, conserve un pouvoir de distraction encore fort. Plus uniquement grâce à la grille des programmes souvent pauvre, mais grâce aux lecteurs / enregistreurs, aux consoles, à la vidéo on demand, bref à toutes les "extensions" qui accroissent ses capacités.
Quelle place pour le mobile ?
Il a gagné ses gallons avec l'arrivée des interfaces riches et notamment la perçée de l'iPhone. Il ne sert plus seulement à appeler mais à accéder, en tout lieu, en tout temps, à ce que l'on veut.
Il nous permet surtout d'être relié aux autres. C'est de loin, du reste, le média à la plus forte connotation sociale.
Nous n'en sommes qu'au début de cette nouvelle place du mobile, mais il va prendre, dans les mois qui viennent, de plus en plus la place du tiers de confiance : celui qui nous indiquera ce que l'on peut acheter, ce que nos amis en penses ou ce qu'ils nous recommandent de faire dans telle ou telle situation.
Et la presse alors ?
Encore trop nombreux sur un marché de plus en plus rétrécis, ils peinent à se distinguer. Pourquoi payer pour des informations pas fraiches ? Pourquoi acheter un journal qu'on ne lira pas en entier ? On a besoin (c'est mon interprétation :D) de positionnements clairs, d'offre adaptables.
La presse que j'ai envie de lire c'est celle que je pourrais consulter online (même payante) et qui me donnera ce supplément d'information, ce regard critique (comme le faisaient les grand éditorialistes de la radio il y a bien longtemps) que ne donne pas toujours le web. C'est aussi une presse adaptative à mes centres d'intérêt, mon rythme. C'est une presse qui saura s'inscrire dans la complémentarité des autres médias existant et sera capable d'offrir à ses annonceurs, comme é ses lecteurs de la valeur.
Conclusion
La fragmentation a touché le paysage médiatique mais aussi notre mode d'utilisation des médias. Tout le monde n'a pas besoin de tout, n'utilise pas tout, n'utilise pas exclusivement et surtout n'utilise pas toujours au même endroit et avec les mêmes personnes ses médias.
Les médias se sont fragmentés (ce n'est pas nouveau) mais ils se sont surtout dématérialisés et personnalisés. Ce qui est passionnant c'est que toutes les constantes sur lesquelles reposent les contenus, la programmation, les usages, les études, devront donc être remises en question et que de ces observations naitront des grilles de programmes ou des bouquets de services beaucoup plus créatifs.
Et les annonceurs qu'ont ils à redouter ? Rien, absolument rien, bien au contraire. En personnalisant les médias, on va contextualiser et adapter les offres publicitaires et donc accroitre sensiblement les taux de retour. Pas sur que les coûts d'acquisition dans ces conditions là baissent mais le ROI lui, s'en trouvera sensiblement augmenté. A suivre donc...


Le blog de profession-web, me permet de parler de tous les sujets qui me tiennent à coeur, de la Suisse et de ce qui s'y passe en matière de web et surtout du site profession-web et de ses coulisses.



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